Jum-langues: Cercle d’amitié - Communication Français Anglais Allemand

The Model Millionnaire. A serial 3)

Aujourd’hui notre troisième et dernière livraison du charmant conte d’Oscar Wilde sur le modèle Millionnaire, qui est aussi un millionnaire modèle, dans les deux sens du mot. Le millionnaire pose pour qu’un artiste lui fasse son portrait et c’est aussi un millionnaire modèle, car il est généreux et offre dix mille livres en cadeau de mariage au héros de cette histoire, Hugh qui pourrait être un bel innocent si fallait donner une signification morale à un récit tout en légèreté qui se résume en fait au jeu de mot du dernier paragraphe jouant sur l’ambigüité du mot modèle. Le millionnaire est pris à tort pour un mendiant par Hugh jeune homme de bonne famille désargenté, qui par compassion un peu folle lui donne une pièce d’un souverain. Les apparences sont trompeuses, mais ne nous y trompons pas trop. Oscar Wilde ne voulait certainement pas élargir son propos et proclamer qu’une bonne action est toujours payée de retour. Il semblerait plutôt qu’il ait voulu se cantonner au domaine de l’art, pour l’art bien sûr. Hugh est affecté par la misère supposée du mendiant, mais il se trompe, ce qu’il a eu sous les yeux n’est que représentation, et l’auteur qui a beaucoup de sympathie pour sa beauté et pour celle de sa fiancée, s’amuse à l’embarrasser pour lui offrir à la fin la récompense inespérée d’un don providentiel. La pièce est joliment enlevée, c’est finalement une sorte de manifeste d’un dandysme tempéré par la fantaisie et l’humour.

The old beggar-man took advantage of Trevor’s absence to rest for a moment on a wooden bench that was behind him. He looked so forlorn and wretched that Hughie could not help pitying him, and felt in his pockets to see what money he had. All he could find was a sovereign and some coppers. “Poor old fellow,” he thought to himself, “he wants it more than I do, but it means no hansoms for a fortnight;” and he walked across the studio and slipped the sovereign into the beggar’s hand. The old man started, and a faint smile flitted across his withered lips. `Thank you, sir,” he said, “thank you. »

Le vieux mendiant profita de l’absence de Trevor pour se reposer un moment sur un banc de bois qui se trouvait derrière lui. Il avait l’air si triste et si misérable que Hughie ne put s’empêcher de le plaindre, et tâta ses poches pour voir ce qu’il avait d’argent sur lui. Tout ce qu’il put trouver, ce fut un souverain. « Pauvre vieux, songea-t-il, il en a plus besoin que moi, mais cela signifie que je ne prendrai pas de hansom pendant quinze jours. » Puis il traversa l’atelier et glissa la pièce d’or dans la main du mendiant. Le vieillard sursauta, et un léger sourire effleura ses lèvres flétries. « Merci, monsieur, dit-il, merci bien. »

Then Trevor arrived, and Hughie took his leave, blushing a little at what he had done.He spent the day with Laura, got a charming scolding for his extravagance, and had to walk home.
That night he strolled into the Palette Club about eleven o’clock, and found Trevor sitting by himself in the smoking-room drinking hock and seltzer.
“Well, Alan, did you get the picture finished all right?” he said, as he lit his cigarette.
“Finished and framed, my boy!” answered Trevor; “and, by the bye, you have made a conquest. That old model you saw is quite devoted to you. I had to tell him al1 about you-who you are, where you live, what your income is, what prospects you have-”

Puis Trevor arriva, et Hughie prit congé de lui, en rougissant un peu de ce qu’il avait fait. Il passa la journée avec Laura, se fit gronder d’une façon charmante à cause de sa prodigalité, et fut obligé de rentrer chez lui à pied. Ce soir-là, il entra au Palette Club vers onze heures, et trouva Trevor assis tout seul au fumoir, buvant du vin blanc à l’eau de Seltz. « Eh bien, Alan, as-tu réussi à terminer ton tableau ? dit-il en allumant sa cigarette.
Il est terminé et encadré, mon vieux ! répondit Trevor ; et, à propos, tu as fait une conquête. Ce vieux modèle que tu as vu ne jure plus que par toi. J’ai été obligé de lui parler de toi en détail, de lui dire qui tu es, où tu habites, quel est ton revenu, quels sont tes projets.

“My dear Alan,” cried Hughie, “I shall probably find him waiting for me when I go home. But of course you are only joking. Poor old wretch! I wish I could do something for him. I think it is dreadful that any one should be so miserable. I have got heaps of old clothes at home-, do you think he would care for any of’ them ? Why, his rags were falling to bits.”
“But he looks splendid in them,” said Trevor. “I wouldn’t paint him in a frock coat for anything. What you call rags I call romance. What seems poverty to you is picturesqueness to me. However, I’ll tell him of your offer.” “Alan,” said Hughie seriously, “you painters are a heartless lot.”

Mon cher Alan, s’écria Hughie, je le trouverai probablement m’attendant devant chez moi quand je rentrerai. Mais, bien entendu, tu plaisantes, tout simplement. Pauvre diable ! Je voudrais pouvoir faire quelque chose pour lui. Je trouve épouvantable que quelqu’un soit aussi misérable. J’ai des tas de vieux vêtements chez moi - crois-tu qu’il en voudrait quelques-uns ? Vrai, ses haillons tombaient en loques ! Mais ils lui donnent un air épatant, dit Trevor. Je ne voudrais, pour rien au monde, le peindre en redingote. Ce que tu appelles des haillons, moi je l’appelle romanesque. Ce qui te semble pauvreté, c’est pour moi le pittoresque. Néanmoins, je lui ferai par de ton offre. Alan, dit Hughie d’un ton sérieux, vous autres peintres, vous n’avez pas de coeur.
“An artist’s heart is his head,” replied Trevor; “and besides, our business is to realize the world as we see it, not to reform it as we know it. A chacun son métier. And now tell me how Laura is. The old model was quite interested in her.”
“You don’t mean to say you talked to him about her?” said Hughie.
“Certainly I did. He knows all about the relentless colonel, the lovely Laura, and the £ 10,000.”
“You told that old beggar all my private affairs?” cried Hughie, looking very red and angry.

Le coeur d’un artiste, c’est sa tête, répondit Trevor ; et d’ailleurs, notre rôle, c’est de comprendre le monde tel que nous le voyons, et non de le réformer tel que nous le connaissons. À chacun son métier. Et maintenant, dis-moi comment va Laura. Le vieux modèle s’est vivement intéressé à elle. Tu ne prétends pas me dire que tu lui as parlé d’elle ? dit Hughie. Mais certainement. Il connaît toute l’histoire de l’implacable colonel, de la ravissante Laura et des dix mille livres. Tu as raconté toutes mes histoires personnelles à ce vieux mendigot ? s’écria Hughie, rougissant violemment et paraissant fort en colère.

“My dear boy,” said Trevor, smiling, “that old beggar, as you call him, is one of the richest men in Europe. He could buy all London to-morrow without overdrawing his account. He bas a house in every capital, dines off gold plate, and can prevent Russia going to war when he chooses.’,
“What on earth do you mean?” exclaimed Hughie.

Mon cher, dit Trevor en souriant, ce vieux mendigot, comme tu l’appelles, est l’un des hommes les plus riches d’Europe. Il pourrait acheter tout Londres demain sans épuiser son compte en banque. Il possède une maison dans toutes les capitales, dîne dans de la vaisselle d’or, et peut empêcher quand il lui plaît la Russie d’entrer en guerre.
Que diable veux-tu dire ? s’écria Hughie.

“What I say,” said Trevor. “The old man you saw to-day in the studio was Baron Hausberg. He is a great friend of mine, buys all my pictures and that sort of thing, and gave me a commission a month ago to paint him as a beggar. Que voulez-vous? La fantaisie d’un millionnaire! and I must say he made a magnificent figure in his rags, or perhaps I should say in my rags; they are an old suit I got in Spain.”
“Baron Hausberg!” cried Hughie. “Good heavens! I gave him a sovereign!” and he sank into an armchair the picture of dismay.

Ce que je dis, dit Trevor. Le vieillard que tu as vu aujourd’hui dans l’atelier, c’était le baron Hausberg. C’est un de mes grands amis, il m’achète tous mes tableaux et tout le reste, et m’a passé commande, il y a un mois, pour que je le peigne en mendiant. Que voulez-vous ? La fantaisie d’un millionnaire… Et je dois avouer qu’il avait fière allure, avec ses haillons - ou peut-être devrais-je dire : avec mes haillons, car c’est un vieux costume que j’avais acheté en Espagne.
Le baron Hausberg ! s’écria Hughie. Tonnerre ! je lui ai donné un souverain ! » Et il s’affala dans un fauteuil, vivant portrait de la consternation.

“Gave him a sovereign!” shouted Trevor, and he burst into a roar of laughter. “My dear boy, you’11 never see it again. Son affaire c’est l’argent des autres.”
“I think you might have told me, Alan,” said Hughie sulkily, “and not have let me make such a fool of myself.” “Well, to begin with, Hughie,” said Trevor, “it never entered my mind that you went about distributing alms in that reckless way. I can understand your kissing a pretty model, but your giving a sovereign to an ugly one — by Jove, no! Besides, the fact is that I really was not at home to-day to any one; and when you came in I didn’t know whether Hausberg would like his name mentioned. You know he wasn’t in full dress.”

« Tu lui as donné une livre ! cria Trevor, qui s’esclaffa de rire. Mon cher, tu ne la reverras jamais. Son affaire, c’est l’argent des autres. Vraiment, tu aurais pu me prévenir, Alan, dit Hughie d’un ton boudeur, et m’empêcher de faire l’imbécile à ce point.
Ma foi, d’abord, Hughie, dit Trevor, il ne m’est jamais venu à l’idée que tu allais distribuant l’aumône d’une façon aussi insouciante et folle. Je comprends que tu embrasses un joli modèle, mais quant à donner une livre à un modèle laid, bigre, non ! D’ailleurs, à dire vrai, je ne recevais absolument personne aujourd’hui et, quand tu es entré, je ne savais pas si cela plairait à Hausberg que je révèle son nom. Il n’était pas en grande tenue, n’est-ce pas…

“What a duffer he must think me!” said Hughie. “Not at all. He was in the highest spirits after you left; kept chuckling to himself and rubbing his old wrinkled hands together. I couldn’t make out why he was so interested to know all about you; but I see it all now. He’ll invest your sovereign for you, Hughie, pay you the interest every six months, and have a capital story to tell after dinner.”
“I am an unlucky devil,” growled Hughie. “The best thing I can do is to go to bed; and, my dear Alan, you mustn’t tell any one. I shouldn’t dare show my face in the Row.”

Il doit me prendre pour une mazette ! Pas du tout. Il était d’une gaieté folle après ton départ ; il gloussait continuellement et frottait ses vieilles mains ridées l’une contre l’autre. Je ne parvenais pas à comprendre pourquoi il s’intéressait tellement à toi et tenait tant à être renseigné sur ton compte, mais à présent je comprends très bien. Il va faire un placement pour toi avec la livre que tu lui as donnée, il t’en paiera les intérêts tous les six mois, et il aura une histoire épatante à servir après le dîner. Je suis un pauvre diable malchanceux, grommela Hughie. Ce que j’ai de mieux à faire, c’est d’aller me coucher ; et, mon cher Alan, il ne faut raconter cela à personne. Je n’oserais plus me montrer dans le Row.

“Nonsense! It reflects the highest credit an your philanthropic spirit, Hughie. And don’t run away. Have another cigarette, and you can talk about Laura as much as you like.”
However, Hughie wouldn’t stop, but walked home, feeling very unhappy, and leaving Alan Trevor in fits of laughter.
The next morning, as he was at breakfast, the servant brought him up a card on which was written, “Monsieur Gustave Naudin, de la part de M le Baron Hausberg.” “I suppose he has come for an apology,” said Hughie to himself; and he told the servant to show the visitor up. , An old gentleman with gold spectacles and grey hair came into the room, and said, in a slight French accent, “Have I the honour of addressing Monsieur Erskine ?” Hughie bowed. “I have come from Baron Hausberg,» he continued. “The Baron-”

Jamais de la vie ! Cette histoire est tout à l’honneur de ton esprit philanthropique, Hughie. Et ne te sauve pas. Prends encore une cigarette, et tu pourras parler de Laura à coeur joie. » Malgré tout, Hughie ne voulut pas rester, et rentra chez lui à pied, se sentant fort malheureux. Il laissa Alan Trevor en proie à des accès de rire. Le lendemain matin, tandis qu’il prenait son premier déjeuner, la bonne lui apporta une carte, sur laquelle étaient écrits ces mots : « Monsieur Gustave Naudin, de la part de Monsieur le baron Hausberg ». « Il vient sans doute me demander des excuses », pensa Hughie, et il dit à la servante de faire monter le visiteur. Un vieux monsieur, avec des lunettes d’or et des cheveux gris, entra dans la pièce, puis dit avec un léger accent français : « C’est à M. Erskine que j’ai l’honneur de parler ? » Hughie s’inclina. « Je viens de la part du baron Hausberg, reprit-il. Le baron…

“I beg, sir, that you will offer him my sincerest apologies,” stammered Hughie.
“The Baron,” said the old gentleman with a smile, “has commissioned me to bring you this letter;” and he extended a sealed envelope.
On the outside was written, “A wedding present to Hugh Erskine and Laura Merton, from an old beggar,” and inside was a cheque for £ 10,000.
When they were married Alan Trevor was the best man, and the Baron made a speech at the wedding breakfast.
“Millionaire models,” remarked Alan, “are rare enough; but, by ,Jove, model millionaires are rarer still”

Je vous prie, monsieur, de vouloir bien lui présenter mes excuses les plus sincères, bégaya Hughie. Le baron, dit le vieillard avec un sourire, m’a chargé de vous remettre cette lettre. » Et il lui tendit une enveloppe cachetée. Elle portait à l’extérieur ces mots : « Cadeau de noces à Hughie Erskine et à Laura Merton, de la part d’un vieux mendiant. » Et il y avait à l’intérieur un chèque de dix mille livres. Au mariage, Alan Trevor fut garçon d’honneur, et le baron fit un discours au repas de noces. « Les modèles millionnaires, fit observer Alan, sont passablement rares ; mais, grand Dieu, les millionnaires modèles le sont encore davantage ! »

Irish writers 4)

Aujourd’hui un auteur contemporain de James Joyce et de Samuel Beckett. Fonctionnaire, journaliste collaborateur de l’Irish Times, il était très apprécié à Dublin pour ses articles réguliers pleins d’humour, d’ironie, et d’invention. Linguiste, parlant couramment le gaélique, on a pu le décrire comme étant le plus irlandais des écrivains. Il a écrit une série de livres à l’imagination débridée, mêlant fantastique et absurde, qui lui ont valu l’appelation de postmoderne dans les milieux littéraires.

Une anecdote particulière tirée de son livre The Third policeman est assez révélatrice de l’état d’esprit de l’auteur. Il avait tout simplement imaginé qu’une sorte de symbiose moléculaire finissait par se produire entre la personnalité du cycliste et la structure même de sa bicyclette…

“The gross and net result of it is that people who spend most of their natural lives riding iron bicycles over the rocky roadsteads of this parish get their personalities mixed up with the personalities of their bicycle as a result of the interchanging of the atoms of each of them and you would be surprised at the number of people in these parts who nearly are half people and half bicycles.”

Le bilan de tout ceci c’est que tous ceux qui passent une grande partie de leur vie à conduire des bicyclettes en acier le long des routes caillouteuses de cette paroisse finissent par mélanger leur personnalité avec celle de leur bicyclette du fait de l’interaction des atomes des uns et des autres et vous seriez étonné du nombre de résidents locaux qui sont pour ainsi dire moitié humain et moitié bicyclette…

The Model Millionaire. A serial. 2)

Here is the second instalment of the Model Millionaire. There will be a third one, which will be posted at the end of April.

irish-w8.JPG

One morning, as he was on his way to Holland Park, where the Mertons lived, he dropped in to see a great friend of his, Alan Trevor. Trevor was a painter. Indeed, few people escape that nowadays. But he was also an artist, and artists are rather rare. Personally he was a strange rough fellow, with a freckled face and a red ragged beard. However, when he took up the brush he was a real master, and his pictures were eagerly sought after.

Un matin, alors qu’il se dirigeait vers Holland Park, où habitaient les Merton, il entra en passant voir un de ses grands amis, Alan Trevor. Trevor était peintre. Sans doute c’est là une chose à laquelle peu de gens échappent, de nos jours. Mais il était également artiste, et les artistes sont assez rares. C’était, de sa personne, un garçon étrange et rude, au visage parsemé de taches de rousseur et portant une barbe rousse en broussaille. Néanmoins, quand il prenait le pinceau en main, c’était un maître authentique, et ses tableaux étaient fort recherchés.

He had been very much attracted by Hughie at first, it must be acknowledged, entirely on account of his personal charm. “The only people a painter should know,” he used to say, “are people who are bête and beautiful, people who are an artistic pleasure to look at and an intellectual repose to talk to. Men who are dandies and women who are darlings rule the world, at least they should do so.” However, after he got to know Hughie better, he liked him quite as much for his bright. buoyant spirits and his generous, reckless nature and had given him the permanent entrée to his studio.

Il s’était senti vivement attiré vers Hughie, d’abord, il faut le reconnaître, en raison de son charme personnel. « Les seules personnes que devrait connaître un peintre, disait-il, ce sont les gens qui sont bêtes et beaux, des gens qui sont un plaisir artistique à contempler et un repos intellectuel quand on leur parle. Les hommes qui sont des dandies et les femmes qui sont des amours mènent le monde, ou du moins ils le devraient. » Néanmoins, après qu’il eut mieux fait connaissance avec Hughie, il l’apprécia tout autant pour sa gaieté et son enjouement que pour sa nature généreuse et hardie, et il lui avait accordé l’entrée permanente de son atelier.

When Hughie came in, he found Trevor putting the finishing touches to a wonderful life-size picture of a beggar-man. The beggar himself was standing on a raised platform in a corner of the studio. He was a wizened old man, with a face like wrinkled parchment, and a most piteous expression. Over his shoulders was flung a coarse brown cloak, all tears and tatters; his thick boots were patched and cobbled, and with one hand he leant on a rough stick, while with the other he held out his battered bat for alms.

En entrant, Hughie trouva Trevor occupé à mettre la dernière main à un merveilleux portrait, grandeur nature, de mendiant. Le mendiant lui-même était debout sur une estrade surélevée, dans un coin de l’atelier. C’était un vieillard ratatiné, avec un visage pareil à un parchemin ridé, et une expression absolument pitoyable. Sur ses épaules était jeté un manteau brun grossier, tout déguenillé et en haillons, ses brodequins épais étaient rapiécés et mal réparés, et d’une main il s’appuyait sur un vulgaire bâton, tandis que de l’autre il tendait son chapeau cabossé pour demander l’aumône.
“What an amazing model!» whispered Hughie, as he shook hands with his friend.
“An amazing model?” shouted Trevor at the top of his voice; “I should think so! Such beggars as he are not to be met with every day. A trouvaille, mon cher; a living Velasquez ! My stars! what an etching Rembrandt would have made of him!”
“Poor old chap!” said Hughie, “how miserable he looks! But I suppose, to you painters, his face is his fortune?”
“Certainly,” replied Trevor, “you don’t want a beggar to look happy, do you?”
“How much does a model get for sitting?” asked Hughie, as he found himself a comfortable seat on a divan. “A shilling an hour.”
“And how much do you get for your picture, Alan?» “Oh, for this I get two thousand !”
“Pounds ?”
“Guineas. Painters, poets, and physicians always get guineas.
“Well, I think the model should have a percentage, cried Hughie, laughing; “they work quite as hard as you do.”

« Quel modèle étonnant ! murmura Hughie en serrant la main de son ami.
Un modèle étonnant ? cria Trevor à pleine voix. Pense donc ! Des mendiants comme lui, on n’en rencontre pas tous les jours. Une trouvaille, non cher ; un Vélasquez vivant ! Tudieu ! Quelle eau-forte Rembrandt en aurait faite.
Pauvre vieux ! dit Hughie ; comme il a l’air misérable ! Mais je suppose que, pour vous autres peintres, son visage constitue sa fortune ?
Certainement, répondit Trevor. Tu ne veux pas qu’un mendiant ait l’air heureux, dis !
Combien touche un modèle pour la pose ? demanda Hughie, cependant qu’il se choisissait une place confortable sur un divan.
Un shilling l’heure.
Et combien touches-tu pour ton tableau, Alan ?
Oh ! pour celui-ci, je recevrai deux mille !
Livres ?
Guinées. Les peintres, les poètes et les médecins reçoivent toujours des guinées.
Eh bien, je trouve que les modèles devraient toucher un pourcentage ! s’écria Hughie en riant ; ils travaillent bien aussi dur que vous autres.

“Nonsense, nonsense! Why, look at the trouble of laying on the paint alone, and standing all day long at one’s easel! It’s al1 very well, Hughie, for you to talk, but I assure you that there are moments when Art almost attains to the dignity of manual labour. But you mustn’t chatter; I’m very busy. Smoke a cigarette, and keep quiet.”
After some time the servant came in, and told Trevor that the frame-maker wanted to speak to him.
“Don’t run away, Hughie,” he said, as he went out, “I will be back in a moment.”

Bêtises, bêtises ! Voyons, songe donc au mal qu’il faut se donner rien que pour appliquer la peinture sur la toile - et puis on reste debout toute la journée devant son chevalet ! C’est bien facile pour toi de parler, Hughie, mais je t’assure qu’il y a des moments où l’art atteint à la dignité d’une besogne manuelle. Mais il ne faut pas jacasser ; j’ai à faire. Fume une cigarette, et tiens-toi tranquille. » Au bout de quelque temps la servante entra, et dit à Trevor que l’encadreur désirait lui parler. « Ne te sauve pas, Hughie, dit-il en sortant, je reviens tout de suite. »

The Model Millionaire. A serial. 1)

The Model Millionaire.

 

irish-w8.JPGUnless one is wealthy there is no use in being a charming fellow. Romance is the privilege of the rich, not the profession of the unemployed. The poor should be practical and prosaic. It is better to have a permanent income than to be fascinating. These are the great truths of modern life which Hughie Erskine never realized. Poor Hughie! Intellectually, we must ‘admit, he was not of much importance. He never said a brilliant or even an ill-natured thing in his life.

À moins d’être riche, il est absolument inutile d’être un garçon charmant. Le romanesque est le privilège des riches, et non la profession des chômeurs. Les pauvres doivent être pratiques et prosaïques. Il vaut mieux avoir un revenu assuré que d’être plein d’attraits. Ce sont là les grandes vérités de la vie moderne, dont Hughie Erskine ne s’était jamais rendu compte. Pauvre Hughie ! Intellectuellement, il nous faut l’avouer, il ne comptait guère.

But then he was wonderfully good-looking, with his crisp brown hair, his clearcut profile, and his grey eyes. He was as popular with men as he was with women, and he had every accomplishment except that of making money.

Mais en revanche il était merveilleusement beau garçon, avec ses cheveux bruns crêpelés, son profil bien dessiné et ses yeux gris. Il était aussi apprécié des hommes que des femmes, et il avait tous les talents, hormis celui de gagner de l’argent.

His father had bequeathed him his cavalry sword and a History of the Peninsular War in fifteen volumes. Hughie hung the first over his looking-glass, put the second on a shelf between Ruff’s Guide and Bailey’s Magazine, and lived on two hundred a year that an old aunt allowed him.

Son père lui avait légué son sabre de cavalerie et une Histoire de la guerre péninsulaire en quinze volumes. Hughie accrocha celui-là au-dessus de son miroir, plaça celle-ci sur un rayon, entre le Guide Ruff et Bailey’s Magazine, et vécut de la pension annuelle de deux cents livres que lui allouait une vieille tante.

He had tried every thing. He had gone on the Stock Exchange for six months; but what was a butterfly to do among bulls and bears ? He had been a tea-merchant for a little longer, but had soon tired of pekoe and souchong. Then he had tried selling dry sherry. That did not answer; the sherry was a little too dry. Ultimately he became nothing, a delightful, ineffectual young man with a perfect profile and no profession.

Il avait boursicoté, l’espace de six mois ; mais que pouvait faire un papillon perdu parmi des requins ? Il avait été marchand de thé en gros pendant un peu plus longtemps, mais s’était vite fatigué du pekoe et du souchong. Puis il avait tâté de la vente du xérès sec. Cela ne marcha pas ; le xérès était un peu trop sec. En fin de compte, il devint un zéro, un jeune homme charmant et inutile, avec un profil parfait et sans profession.

To make matters worse, he was in love. The girl he loved was Laura Merton, the daughter of a retired Colonel who had lost his temper and his digestion in India, and had never found either of them again. Laura adored him, and he was ready to kiss her shoe-strings. They were the handsomest couple in London, and had not a penny-piece between them. The Colonel was very fond of Hughie, but would not hear of any engagement…

Pour compliquer les choses, il était amoureux. La jeune fille qu’il aimait était Laura Merton, la fille d’un colonel en retraite qui avait rapporté des Indes un caractère irascible ainsi qu’une dyspepsie, et ne pouvait se débarrasser de l’un ni de l’autre. Laura l’adorait, et il était tout prêt à baiser les cordons de ses souliers. C’était le plus beau couple de Londres, et ils n’avaient pas, à eux deux, un sou vaillant. Le colonel aimait beaucoup Hughie, mais ne voulait pas entendre parler de fiançailles.

“Corne to me, my boy, when you have got ten thousand pounds of your own, and we will see about it,” he used to say; and Hughie looked very glum in those days, and had to go to Laura for consolation.

« Venez me trouver, mon garçon, quand vous aurez dix mille livres à vous, et nous verrons cela », disait-il ; et Hughie avait l’air bien sombre à cette époque, et était obligé d’aller trouver Laura pour qu’elle le consolât.

Three poems to be read on Saint Patrick’s day.

THREE POEMS

On the Shamrock:

One leaf is for HOPE
The second for FAITH
The third for LOVE
The fourth for LUCK

150px-irish_clover.jpg

A propos du Trèfle:

Une feuille pour l’espérance
La deuxième pour la foi
La troisième pour l’amour
Et la quatrième pour la chance

On Saint Patrick:

You’ve heard, I suppose, long ago
How the snakes in a manner most antic,
Patrick marched to the county Mayo
And ordered them into the Atlantic.
Hence, NEVER use water to drink,
The people of Ireland determine
With mighty good reason, I think,
For it’s filled with snakes and vermin.

t043610a.jpg

A propos de la Saint Patrick:

Vous savez sans doute comment Patrick
Jadis, amena les serpents à se tortiller jusqu’au Comté de Mayo
et leur commanda de se jeter dans l’atlantique.
Par conséquent, ne buvez jamais d’eau
Et suivez le conseil avisé du peuple irlandais
Car l’eau est pleine de serpents et d’autres bêtes nuisibles

On Leprechauns:

Near a misty stream in Ireland,
In the hollow of a tree
Live mystical, magical leprechauns
Who are clever as can be.
With their pointed ears, turned up toes
And little coats of green
Leprechauns busily make their shoes
And try hard not to be seen.
Only those who really believe
Have seen these little elves
And if we are all believers
We can surely see for ourselves.

300-272-ga36.jpg

A propos des lutins:
Près d’un ruisseau brumeux d’Irlande
Dans un arbre creux vivent les lutins
Mystiques et magiques.
Doués d’une rare intelligence
Avec leurs oreilles pointues, leurs orteils relevés
Et leurs petits habits verts,
Ils s’affairent à leur métier de cordonnier
Et prennent grand soin de ne pas se faire voir.
Seuls ceux qui y croient vraiment
Ont vu les petits lutins
Et si nous y croyons tous, nous pourrons sûrement les voir aussi.

Shamrock and Leprechauns

The Shamrock:
One traditional icon of the day is the shamrock. Once, several members of a tribe approached Patrick and told him that they found it difficult to understand and believe in the Holy Trinity. Patrick thought a moment, then stooped down and picked one of the plentiful shamrocks growing wild around Ireland. “Here are three leaves,” he said, “yet it is one plant. Imagine the Father, Son and the Holy Spirit as each of these leaves. Here they are, yet they are one plant.” The tribesmen understood, because Patrick had used a familiar object to explain. From that time on, the shamrock has been a revered symbol of Ireland.

shamrocks1.jpg


Le trèfle irlandais
L’une des images traditionnelles associées à la Saint Patrick est le trèfle. Un jour, un certain nombre de membres d’une tribu étaient allés trouver Saint Patrick pour lui dire qu’il leur était difficile de comprendre et de croire en la Sainte Trinité. Patrick réfléchit un instant, puis se baissa pour ramasser l’un des nombreux trèfles qui poussaient à l’état sauvage en Irlande. « Voici trois feuilles, leur déclara t-il, et pourtant elle font partie d’une même plante. Imaginez que ces trois feuilles sont le Père, le Fils et le Saint Esprit, vous avez trois unités qui pourtant n’en font qu’une. » Les membres de la tribu comprirent parce que Patrick avait utilisé une plante familière pour leur faire comprendre. Et depuis ce jour, le trèfle est le symbole sacré de l’Irlande.

 

The Leprechauns:
The leprechaun is a tiny elf connected with St. Patrick’s Day.

The word ‘leprechaun’ is from a mixture of ‘luchorpan’ or ’small person’ and a word meaning ‘one-shoemaker.’ As a St. Patrick’s Day symbol, the leprechaun is a smiling, merry little elf. However, legend tells us that he is always grumpy, untrustworthy and very tricky.
According to legend, the Leprechaun has a pot of gold hidden somewhere, and he must give up his treasure to the one who catches him. You’ll have to step lively and think quickly to capture a Leprechaun’s gold. This sly little fellow will fool you into looking away for an instant while he escapes into the forest.

leprechaun4_1193877881.jpg

Leprechauns are the self-appointed guardians of ancient treasure that was left by the Danes when they marauded through Ireland. The wee ones bury their treasure in crocks or pots. If caught by a mortal, he will promise great wealth if allowed to go free. A Leprechaun carries two leather pouches. In one is a silver shilling, a magical coin that returns to his purse each time it is paid out. In the other pouch, he carries a bright gold coin. This coin turns to leaves or ashes once the Leprechaun has parted with it!

images.jpg

Does tracking down a leprechaun and his hidden pot of gold sound improbable at best? Many people believe that the leprechaun keeps his gold at the end of a rainbow. Have you ever seen the end of a rainbow? Interestingly, one of the definitions of rainbow is “a goal, hope, or ideal that is unlikely to be achieved or realized.”

rainbow.jpg

Les Leprechauns, lutins d’Irlande.

Le Leprechaun est un petit lutin associé à la Saint Patrick. Le mot est un mélange de luchorpan qui veut dire petit homme, avec un mot signifiant un cordonnier. En tant que symbole de la Saint Patrick, le leprechaun est un petit lutin joyeux et souriant. Cependant la légende le représente comme un être toujours grincheux, indigne de confiance et très retors.
D’après la légende, le leprechaun garde un pot rempli d’or caché quelque part, et il doit donner son trésor à celui qui l’attrape. Mais il faut avoir le pied vif et l’esprit rapide pour vous emparer de l’or d’un leprechaun. Ce petit rusé excelle à détourner votre attention l’instant nécessaire pour s’enfuir dans la forêt.
Les leprechauns se sont attribués le titre de gardien des trésors ancestraux laissés par les Danois au cours de leurs maraudes en Irlande. Les petits êtres enterrent leur trésor dans des cruches ou des pots de terre. S’ils sont capturés par un mortel, ils promettront la richesse en échange de leur liberté. Un leprechaun possède deux bourses de cuir. Dans l’une d’elles, il garde un shilling en argent, une pièce magique qui retourne dans la bourse chaque fois qu’on la dépense. Dans l’autre, il y a une pièce d’or flambant neuve, qui cependant, se transforme en feuille morte ou en cendres quand le Leprechaun s’en sépare.
La chasse au Leprechaun et à son pot d’or caché vous semble t-elle au mieux saugrenue ?
Nombreux sont ceux qui croient que le Leprechaun conserve son or au pied d’un arc-en-ciel. Avez-vous jamais vu le pied d’un arc-en-ciel ? Il est intéressant de savoir que l’un des sens du mot arc-en-ciel désigne « un but, un espoir ou un idéal qu’on a peu de chance d’atteindre ou de réaliser ».

Saint Patrick’s day

Saint Patrick’s Day:
Today, it is said, Irish descendants in the United States put on a noisier and bigger St. Patrick’s Day celebration than the people in Ireland. Every year on March 17 or the preceding Saturday, cities with a large population of Irish Americans have parades.

3c.jpg1a1.jpg4d1.jpg

Green is one of the national colors of Ireland and also one of the signs of spring. Green stripes are painted on the streets where the parade will travel. People wear green shirts, ties, hair ribbons and hats.

irish.jpg

Many American bars even serve green beer on that day. Some communities even go so far as to dye rivers or streams green!

stpat_dsc00212.jpg

One reason St. Patrick’s Day might have become so popular is that it takes place just a few days before the first day of spring. One might say it has become the first green of spring.


Aujourd’hui, on dit que les descendants d’Irlandais aux Etats-Unis célèbrent la Saint Patrick encore plus bruyamment et plus fortement que les Irlandais eux-mêmes. Tous les ans, le 17 mars ou le samedi précédent, les villes qui hébergent une communauté importante d’Irlandais américains, organisent des défilés. Le vert est l’une des couleurs nationales de l’Irlande et c’est aussi l’un des signes distinctifs du printemps. Des bandes vertes sont peintes dans les rues où passeront les défilés. Les gens portent des chemises ou des cravates vertes ou bien se mettent des rubans verts ou des chapeaux verts sur la tête. En Amérique, de nombreux bars servent de la bière verte ce jour là et certaines municipalités vont jusqu’à teindre les rivières et les cours d’eau en vert !

L’une des raisons pour lesquelles la Saint Patrick est devenue aussi populaire, c’est que l’évènement précède juste de quelques jours l’arrivée du printemps. On pourrait dire que ce jour est devenu la première manifestation du renouveau printanier.
Much Irish folklore surrounds St. Patrick’s Day.
Some of this lore includes the belief that Patrick raised people from the dead. He also is said to have given a sermon from a hilltop that drove all the snakes from Ireland. Of course, no snakes were ever native to Ireland, and some people think this is a metaphor for the conversion of the pagans.

t043610a.jpg

Though originally a Catholic holy day, St. Patrick’s Day has evolved into more of a secular holiday.

slemish1.jpg

Un abondant folklore irlandais entoure la Saint Patrick.
On y trouve la croyance selon laquelle Saint Patrick ressuscitait les morts. On raconte aussi qu’il avait fait un sermon en haut d’une colline et avait chassé d’Irlande tous les serpents.

view_from_croagh_patrickclewbay.jpg

Certains y voient une métaphore de la conversion des païens. A l’origine fête catholique religieuse, la Saint Patrick est devenue un jour de réjouissances plus profane.

Who was Saint Patrick?

teSaint Patrick:
The person who was to become St. Patrick, the patron saint of Ireland, was born in Wales about AD 385. Far from being a saint, until he was 16, he considered himself a pagan. At that age, he was sold into slavery by a group of Irish marauders that raided his village.

La personne qui devait devenir Saint Patrick, Saint Patron de l’Irlande, est née au Pays de Galles vers 385 après JC. Loin d’être un saint, jusqu’à l’âge de 16 ans, il se considérait lui-même comme un païen. A cet âge, il fut vendu comme esclave par un groupe de maraudeurs irlandais qui avait pillé son village.

2b.jpg

He escaped from slavery after six years and went to Gaul where he studied in the monastery under St. Germain, bishop of Auxerre for a period of twelve years. During his training he became aware that his calling was to convert the pagans to Christianity.

Il parvint à s’enfuir au bout de six ans et s’en alla en Gaule où il étudia dans un monastère sous la direction de l’évêque Saint Germain l’Auxerrois, pendant douze ans. Pendant ses études, il prit conscience que sa vocation était de convertir les païens au christianisme.

portrait.gif

His wishes were to return to Ireland, to convert the native pagans to Christianity. But his superiors instead appointed St. Palladius. But two years later, Palladius transferred to Scotland. Patrick, having adopted that Christian name earlier, was then appointed as second bishop to Ireland.

Son souhait était de retourner en Irlande pour convertir les païens autochtones au christianisme, mais ses supérieurs nommèrent à sa place Saint Palladius. Deux ans plus tard, Palladius fut muté en Ecosse. Patrick, qui avait adopté ce nom chrétien antérieurement, fut alors nommé deuxième évêque d’Irlande.

statue.jpg

Patrick was quite successful at winning converts. And this fact upset the Celtic Druids. Patrick was arrested several times, but escaped each time. He travelled throughout Ireland, establishing monasteries across the country. He also set up schools and churches which would aid him in his conversion of the Irish country to Christianity.
His mission in Ireland lasted for thirty years. After that time, Patrick retired to County Down. He died on March 17 in AD 461. That day has been commemorated as St. Patrick’s Day ever since.

Patrick fut très habile à gagner des convertis, ce qui indisposait les druides celtes. Patrick fut arrêté plusieurs fois, mais s’échappa toujours. Il voyagea dans toute l’Irlande, fondant des monastères dans tout le pays. Il créa aussi des écoles et des églises qui l’aidèrent dans la conversion de l’Irlande au christianisme.
Son sacerdoce en Irlande dura trente ans. Après cette période, Patrick se retira dans le Comté de Down et mourut le 17 mars 461 après JC. Ce jour est commémoré en tant que jour de la Saint Patrick depuis.

stpatrick1.jpg

What people say on Saint Patrick’s day.

TWO IRISH BLESSINGS
May you have warm words on a cold evening,
A full moon on a dark night
And the road downhill
All the way to your door.

savetara1.jpg

DEUX BÉNÉDICTIONS IRLANDAISES

Puissiez vous avoir des paroles chaleureuses par une soirée froide,
La pleine lune par une nuit noire
Et une route en descente jusqu’au pas de votre porte.

On imagine la scène dans une Irlande éternelle, où la chaleur humaine supplée la misère, où les éléments sont hostiles et où les gens cheminent encore à pied. Cette image appartient désormais au folklore. Peu de gens savent que le niveau de vie en République d’Irlande est maintenant le deuxième le plus riche d’Europe.

May the road rise up to meet you,
may the wind be always at your back,
May the sun shine warm upon your face,
and the rain fall soft upon your fields,
and until we meet again,
May God hold you in the palm of His hand.

ireland-road.jpg

Que la route vienne à votre rencontre
Que le vent soit toujours dans votre dos
Que le soleil réchauffe votre visage
Que la pluie soit douce pour vos champs
Et jusqu’à notre prochaine rencontre
Que Dieu vous prenne dans la paume de Sa main.

Il s’agit là d’une formulation charmante et de ce fait répandue. On y trouve L’Irlande verte symbolisée par le trèfle à trois feuilles ou plus rarement à quatre (shamrock) et le catholicisme introduit pas St Patrick en opposition avec la religion officielle des Anglais et le puritanisme écossais.

clip_image0021.jpg

150px-irish_clover.jpg

SAYINGS

There are only two kinds of people in the world: the Irish and those who wish they were

i-people2.jpg

God invented whiskey to keep the Irish from conquering the world.

8handinhand_r3_c3.jpg

DICTONS

Il n’y a que deux sortes de gens sur terre : les Irlandais et ceux qui souhaiteraient l’être.

Dieu a inventé le whiskey pour empêcher les Irlandais de conquérir le monde.

Il y a là deux autres traits distinctifs : la fierté de la race gaélique répandue dans le monde entier et en particulier aux USA et l’humour qui tempère cette fierté, même s’il est toujours flatteur de se vanter d’être gros buveur. Le mode de vie moderne et une prospérité urbaine en forte hausse ont considérablement entamé les stéréotypes cependant.

TOASTS

May the Lord keep you in His hand

And never close His fist too tight.

toast1.JPG

May you live to be a hundred years with one extra year to repent.

May you be in heaven a half hour before the devil knows you are dead.

May the hinges of our friendship never row rusty!

irish-folks.JPG

TOASTS

Que Dieu vous garde dans Sa main, et qu’il ne serre jamais le poing trop fermement.

Que vous viviez cent ans, plus une année supplémentaire pour vous repentir de vos péchés.

Que vous soyez au paradis une demi-heure avant que le diable n’apprenne votre décès.

Que les charnières de notre amitié ne soient jamais rouillées.

PUNS AND PLAY-ON-WORDS

May you live as long as you want
And never want as long as you live.

There are good ships and there are wood ships, the ships that sail the sea, but the best ships are frienships, and may that always be.

It’s better to spend money like there’s no tomorrow than to spend tonight like there’s no money.

toast2.JPG

CALEMBOURS ET JEUX DE MOTS

Que vous puissiez vivre aussi longtemps que vous voulez et n’être jamais dans le besoin aussi longtemps que vous vivrez. (jeu de mot sur les deux sens de to want : vouloir mais aussi : avoir besoin. Ex. The shirt wants washing : cette chemise a besoin d’être lavée).

Il y a de bons bateaux et des bateaux en bois qui vont sur la mer, mais le meilleur bateau a pour nom l’Amitié. Qu’il en soit ainsi pour toujours.
(jeu de mot sur ship bateau et le suffixe –ship ( friend : ami, friendship amitié) (interprété comme un nom composé : friendship = bateau des amis).

Mieux vaut dépenser tout son argent sans penser au lendemain que de passer la soirée sans dépenser son argent. (jeu de mots sur deux sens du mot spend : dépenser, spend money et passer, spend the night).
BLESSINGS AND TOASTS ON SAINT PATRICK’S DAY.

May the Leprechauns dance over your bed and bring you sweet dreams!

irish-leprechaun.htm

For each petal of the shamrock,
This brings a wish your way
Good health, good luck and happiness
For today and everyday.

shamrock.JPG

May your pockets be heavy and your heart be light,
May good luck pursue you each morning and night.

Wherever you go and whatever you do,
May the luck of the Irish be there with you.

sp-00034-cst-patrick-s-day-green-beer-posters.jpg

BÉNÉDICTIONS ET TOASTS POUR LA St PATRICK

Que les lutins dansent sur votre lit et vous donnent de beaux rêves.

Chaque pétale du trèfle
Vous apporte un souhait de
Bonne santé, bonne chance et bonheur
Pour aujourd’hui et l’ensemble des jours.

Que vos poches soient lourdes et votre esprit léger
Que la chance vous poursuive de jour comme de nuit.

Où que vous alliez et quoi que vous fassiez
Que la chance des Irlandais soit avec vous.

Saint Patrick 2). Un peu de grammaire!

NOTE SUR L’USAGE DE ‘MAY’

May est un auxiliaire qu’on appelle un modal.
L’emploi d’un modal reflète l’attitude de la personne qui parle (l’énonciateur) vis-à-vis de ce qu’elle dit. (Si elle juge par exemple que l’action ou la situation est possible probable recommandable etc.)
La construction est on ne peut plus simple : modal + racine verbale (le verbe tel qu’on le trouve dans un dictionnaire). Soit la phrase :
It may rain . Elle indique que l’énonciateur au vu d’indices tels que des nuages, ou après avoir écouté un bulletin météo déclare qu’il est possible qu’il pleuve.
Dans l’exemple ci-dessus la possibilité ne dépend pas de l’énonciateur. Mais il peut arriver que ce soit l’énonciateur lui-même qui conditionne la possibilité.

Ex : You may sit down = vous avez la possibilité de vous asseoir parce que je vous en donne la permission. May s’emploie lorsque le locuteur se place dans une situation d’autorité. C’est pourquoi may est souvent remplacé par can, plus neutre, moins chargé d’autorité : You can sit down if you like.

May s’emploie aussi avec le sens de permission dans des avis officiels, panneaux ou affiches indiquant une interdiction légale au négatif.
Passengers may not smoke. (c’est illégal)

May en conclusion est donc lié à la notion de pouvoir, qu’il soit donné par le hasard ou par une autorité supérieure. C’est pourquoi on le trouve dans les phrases un peu sentencieuses qui expriment un souhait ou une bénédiction.

Tout le monde ou presque connaît l’injonction fameuse des seigneurs de la guerre des étoiles :
Que la Force soit avec vous : May the Force be with you. Tous les exemples qui suivent procèdent de la même attitude d’invocation d’une autorité supérieure (Dieu, la chance le hasard etc.) pour que quelque chose soit accordé à l’interlocuteur.

clip_image002.jpg