Jum-langues: Cercle d’amitié - Communication Français Anglais Allemand

The Model Millionnaire. A serial 3)

Aujourd’hui notre troisième et dernière livraison du charmant conte d’Oscar Wilde sur le modèle Millionnaire, qui est aussi un millionnaire modèle, dans les deux sens du mot. Le millionnaire pose pour qu’un artiste lui fasse son portrait et c’est aussi un millionnaire modèle, car il est généreux et offre dix mille livres en cadeau de mariage au héros de cette histoire, Hugh qui pourrait être un bel innocent si fallait donner une signification morale à un récit tout en légèreté qui se résume en fait au jeu de mot du dernier paragraphe jouant sur l’ambigüité du mot modèle. Le millionnaire est pris à tort pour un mendiant par Hugh jeune homme de bonne famille désargenté, qui par compassion un peu folle lui donne une pièce d’un souverain. Les apparences sont trompeuses, mais ne nous y trompons pas trop. Oscar Wilde ne voulait certainement pas élargir son propos et proclamer qu’une bonne action est toujours payée de retour. Il semblerait plutôt qu’il ait voulu se cantonner au domaine de l’art, pour l’art bien sûr. Hugh est affecté par la misère supposée du mendiant, mais il se trompe, ce qu’il a eu sous les yeux n’est que représentation, et l’auteur qui a beaucoup de sympathie pour sa beauté et pour celle de sa fiancée, s’amuse à l’embarrasser pour lui offrir à la fin la récompense inespérée d’un don providentiel. La pièce est joliment enlevée, c’est finalement une sorte de manifeste d’un dandysme tempéré par la fantaisie et l’humour.

The old beggar-man took advantage of Trevor’s absence to rest for a moment on a wooden bench that was behind him. He looked so forlorn and wretched that Hughie could not help pitying him, and felt in his pockets to see what money he had. All he could find was a sovereign and some coppers. “Poor old fellow,” he thought to himself, “he wants it more than I do, but it means no hansoms for a fortnight;” and he walked across the studio and slipped the sovereign into the beggar’s hand. The old man started, and a faint smile flitted across his withered lips. `Thank you, sir,” he said, “thank you. »

Le vieux mendiant profita de l’absence de Trevor pour se reposer un moment sur un banc de bois qui se trouvait derrière lui. Il avait l’air si triste et si misérable que Hughie ne put s’empêcher de le plaindre, et tâta ses poches pour voir ce qu’il avait d’argent sur lui. Tout ce qu’il put trouver, ce fut un souverain. « Pauvre vieux, songea-t-il, il en a plus besoin que moi, mais cela signifie que je ne prendrai pas de hansom pendant quinze jours. » Puis il traversa l’atelier et glissa la pièce d’or dans la main du mendiant. Le vieillard sursauta, et un léger sourire effleura ses lèvres flétries. « Merci, monsieur, dit-il, merci bien. »

Then Trevor arrived, and Hughie took his leave, blushing a little at what he had done.He spent the day with Laura, got a charming scolding for his extravagance, and had to walk home.
That night he strolled into the Palette Club about eleven o’clock, and found Trevor sitting by himself in the smoking-room drinking hock and seltzer.
“Well, Alan, did you get the picture finished all right?” he said, as he lit his cigarette.
“Finished and framed, my boy!” answered Trevor; “and, by the bye, you have made a conquest. That old model you saw is quite devoted to you. I had to tell him al1 about you-who you are, where you live, what your income is, what prospects you have-”

Puis Trevor arriva, et Hughie prit congé de lui, en rougissant un peu de ce qu’il avait fait. Il passa la journée avec Laura, se fit gronder d’une façon charmante à cause de sa prodigalité, et fut obligé de rentrer chez lui à pied. Ce soir-là, il entra au Palette Club vers onze heures, et trouva Trevor assis tout seul au fumoir, buvant du vin blanc à l’eau de Seltz. « Eh bien, Alan, as-tu réussi à terminer ton tableau ? dit-il en allumant sa cigarette.
Il est terminé et encadré, mon vieux ! répondit Trevor ; et, à propos, tu as fait une conquête. Ce vieux modèle que tu as vu ne jure plus que par toi. J’ai été obligé de lui parler de toi en détail, de lui dire qui tu es, où tu habites, quel est ton revenu, quels sont tes projets.

“My dear Alan,” cried Hughie, “I shall probably find him waiting for me when I go home. But of course you are only joking. Poor old wretch! I wish I could do something for him. I think it is dreadful that any one should be so miserable. I have got heaps of old clothes at home-, do you think he would care for any of’ them ? Why, his rags were falling to bits.”
“But he looks splendid in them,” said Trevor. “I wouldn’t paint him in a frock coat for anything. What you call rags I call romance. What seems poverty to you is picturesqueness to me. However, I’ll tell him of your offer.” “Alan,” said Hughie seriously, “you painters are a heartless lot.”

Mon cher Alan, s’écria Hughie, je le trouverai probablement m’attendant devant chez moi quand je rentrerai. Mais, bien entendu, tu plaisantes, tout simplement. Pauvre diable ! Je voudrais pouvoir faire quelque chose pour lui. Je trouve épouvantable que quelqu’un soit aussi misérable. J’ai des tas de vieux vêtements chez moi - crois-tu qu’il en voudrait quelques-uns ? Vrai, ses haillons tombaient en loques ! Mais ils lui donnent un air épatant, dit Trevor. Je ne voudrais, pour rien au monde, le peindre en redingote. Ce que tu appelles des haillons, moi je l’appelle romanesque. Ce qui te semble pauvreté, c’est pour moi le pittoresque. Néanmoins, je lui ferai par de ton offre. Alan, dit Hughie d’un ton sérieux, vous autres peintres, vous n’avez pas de coeur.
“An artist’s heart is his head,” replied Trevor; “and besides, our business is to realize the world as we see it, not to reform it as we know it. A chacun son métier. And now tell me how Laura is. The old model was quite interested in her.”
“You don’t mean to say you talked to him about her?” said Hughie.
“Certainly I did. He knows all about the relentless colonel, the lovely Laura, and the £ 10,000.”
“You told that old beggar all my private affairs?” cried Hughie, looking very red and angry.

Le coeur d’un artiste, c’est sa tête, répondit Trevor ; et d’ailleurs, notre rôle, c’est de comprendre le monde tel que nous le voyons, et non de le réformer tel que nous le connaissons. À chacun son métier. Et maintenant, dis-moi comment va Laura. Le vieux modèle s’est vivement intéressé à elle. Tu ne prétends pas me dire que tu lui as parlé d’elle ? dit Hughie. Mais certainement. Il connaît toute l’histoire de l’implacable colonel, de la ravissante Laura et des dix mille livres. Tu as raconté toutes mes histoires personnelles à ce vieux mendigot ? s’écria Hughie, rougissant violemment et paraissant fort en colère.

“My dear boy,” said Trevor, smiling, “that old beggar, as you call him, is one of the richest men in Europe. He could buy all London to-morrow without overdrawing his account. He bas a house in every capital, dines off gold plate, and can prevent Russia going to war when he chooses.’,
“What on earth do you mean?” exclaimed Hughie.

Mon cher, dit Trevor en souriant, ce vieux mendigot, comme tu l’appelles, est l’un des hommes les plus riches d’Europe. Il pourrait acheter tout Londres demain sans épuiser son compte en banque. Il possède une maison dans toutes les capitales, dîne dans de la vaisselle d’or, et peut empêcher quand il lui plaît la Russie d’entrer en guerre.
Que diable veux-tu dire ? s’écria Hughie.

“What I say,” said Trevor. “The old man you saw to-day in the studio was Baron Hausberg. He is a great friend of mine, buys all my pictures and that sort of thing, and gave me a commission a month ago to paint him as a beggar. Que voulez-vous? La fantaisie d’un millionnaire! and I must say he made a magnificent figure in his rags, or perhaps I should say in my rags; they are an old suit I got in Spain.”
“Baron Hausberg!” cried Hughie. “Good heavens! I gave him a sovereign!” and he sank into an armchair the picture of dismay.

Ce que je dis, dit Trevor. Le vieillard que tu as vu aujourd’hui dans l’atelier, c’était le baron Hausberg. C’est un de mes grands amis, il m’achète tous mes tableaux et tout le reste, et m’a passé commande, il y a un mois, pour que je le peigne en mendiant. Que voulez-vous ? La fantaisie d’un millionnaire… Et je dois avouer qu’il avait fière allure, avec ses haillons - ou peut-être devrais-je dire : avec mes haillons, car c’est un vieux costume que j’avais acheté en Espagne.
Le baron Hausberg ! s’écria Hughie. Tonnerre ! je lui ai donné un souverain ! » Et il s’affala dans un fauteuil, vivant portrait de la consternation.

“Gave him a sovereign!” shouted Trevor, and he burst into a roar of laughter. “My dear boy, you’11 never see it again. Son affaire c’est l’argent des autres.”
“I think you might have told me, Alan,” said Hughie sulkily, “and not have let me make such a fool of myself.” “Well, to begin with, Hughie,” said Trevor, “it never entered my mind that you went about distributing alms in that reckless way. I can understand your kissing a pretty model, but your giving a sovereign to an ugly one — by Jove, no! Besides, the fact is that I really was not at home to-day to any one; and when you came in I didn’t know whether Hausberg would like his name mentioned. You know he wasn’t in full dress.”

« Tu lui as donné une livre ! cria Trevor, qui s’esclaffa de rire. Mon cher, tu ne la reverras jamais. Son affaire, c’est l’argent des autres. Vraiment, tu aurais pu me prévenir, Alan, dit Hughie d’un ton boudeur, et m’empêcher de faire l’imbécile à ce point.
Ma foi, d’abord, Hughie, dit Trevor, il ne m’est jamais venu à l’idée que tu allais distribuant l’aumône d’une façon aussi insouciante et folle. Je comprends que tu embrasses un joli modèle, mais quant à donner une livre à un modèle laid, bigre, non ! D’ailleurs, à dire vrai, je ne recevais absolument personne aujourd’hui et, quand tu es entré, je ne savais pas si cela plairait à Hausberg que je révèle son nom. Il n’était pas en grande tenue, n’est-ce pas…

“What a duffer he must think me!” said Hughie. “Not at all. He was in the highest spirits after you left; kept chuckling to himself and rubbing his old wrinkled hands together. I couldn’t make out why he was so interested to know all about you; but I see it all now. He’ll invest your sovereign for you, Hughie, pay you the interest every six months, and have a capital story to tell after dinner.”
“I am an unlucky devil,” growled Hughie. “The best thing I can do is to go to bed; and, my dear Alan, you mustn’t tell any one. I shouldn’t dare show my face in the Row.”

Il doit me prendre pour une mazette ! Pas du tout. Il était d’une gaieté folle après ton départ ; il gloussait continuellement et frottait ses vieilles mains ridées l’une contre l’autre. Je ne parvenais pas à comprendre pourquoi il s’intéressait tellement à toi et tenait tant à être renseigné sur ton compte, mais à présent je comprends très bien. Il va faire un placement pour toi avec la livre que tu lui as donnée, il t’en paiera les intérêts tous les six mois, et il aura une histoire épatante à servir après le dîner. Je suis un pauvre diable malchanceux, grommela Hughie. Ce que j’ai de mieux à faire, c’est d’aller me coucher ; et, mon cher Alan, il ne faut raconter cela à personne. Je n’oserais plus me montrer dans le Row.

“Nonsense! It reflects the highest credit an your philanthropic spirit, Hughie. And don’t run away. Have another cigarette, and you can talk about Laura as much as you like.”
However, Hughie wouldn’t stop, but walked home, feeling very unhappy, and leaving Alan Trevor in fits of laughter.
The next morning, as he was at breakfast, the servant brought him up a card on which was written, “Monsieur Gustave Naudin, de la part de M le Baron Hausberg.” “I suppose he has come for an apology,” said Hughie to himself; and he told the servant to show the visitor up. , An old gentleman with gold spectacles and grey hair came into the room, and said, in a slight French accent, “Have I the honour of addressing Monsieur Erskine ?” Hughie bowed. “I have come from Baron Hausberg,» he continued. “The Baron-”

Jamais de la vie ! Cette histoire est tout à l’honneur de ton esprit philanthropique, Hughie. Et ne te sauve pas. Prends encore une cigarette, et tu pourras parler de Laura à coeur joie. » Malgré tout, Hughie ne voulut pas rester, et rentra chez lui à pied, se sentant fort malheureux. Il laissa Alan Trevor en proie à des accès de rire. Le lendemain matin, tandis qu’il prenait son premier déjeuner, la bonne lui apporta une carte, sur laquelle étaient écrits ces mots : « Monsieur Gustave Naudin, de la part de Monsieur le baron Hausberg ». « Il vient sans doute me demander des excuses », pensa Hughie, et il dit à la servante de faire monter le visiteur. Un vieux monsieur, avec des lunettes d’or et des cheveux gris, entra dans la pièce, puis dit avec un léger accent français : « C’est à M. Erskine que j’ai l’honneur de parler ? » Hughie s’inclina. « Je viens de la part du baron Hausberg, reprit-il. Le baron…

“I beg, sir, that you will offer him my sincerest apologies,” stammered Hughie.
“The Baron,” said the old gentleman with a smile, “has commissioned me to bring you this letter;” and he extended a sealed envelope.
On the outside was written, “A wedding present to Hugh Erskine and Laura Merton, from an old beggar,” and inside was a cheque for £ 10,000.
When they were married Alan Trevor was the best man, and the Baron made a speech at the wedding breakfast.
“Millionaire models,” remarked Alan, “are rare enough; but, by ,Jove, model millionaires are rarer still”

Je vous prie, monsieur, de vouloir bien lui présenter mes excuses les plus sincères, bégaya Hughie. Le baron, dit le vieillard avec un sourire, m’a chargé de vous remettre cette lettre. » Et il lui tendit une enveloppe cachetée. Elle portait à l’extérieur ces mots : « Cadeau de noces à Hughie Erskine et à Laura Merton, de la part d’un vieux mendiant. » Et il y avait à l’intérieur un chèque de dix mille livres. Au mariage, Alan Trevor fut garçon d’honneur, et le baron fit un discours au repas de noces. « Les modèles millionnaires, fit observer Alan, sont passablement rares ; mais, grand Dieu, les millionnaires modèles le sont encore davantage ! »

Irish writers 4)

Aujourd’hui un auteur contemporain de James Joyce et de Samuel Beckett. Fonctionnaire, journaliste collaborateur de l’Irish Times, il était très apprécié à Dublin pour ses articles réguliers pleins d’humour, d’ironie, et d’invention. Linguiste, parlant couramment le gaélique, on a pu le décrire comme étant le plus irlandais des écrivains. Il a écrit une série de livres à l’imagination débridée, mêlant fantastique et absurde, qui lui ont valu l’appelation de postmoderne dans les milieux littéraires.

Une anecdote particulière tirée de son livre The Third policeman est assez révélatrice de l’état d’esprit de l’auteur. Il avait tout simplement imaginé qu’une sorte de symbiose moléculaire finissait par se produire entre la personnalité du cycliste et la structure même de sa bicyclette…

“The gross and net result of it is that people who spend most of their natural lives riding iron bicycles over the rocky roadsteads of this parish get their personalities mixed up with the personalities of their bicycle as a result of the interchanging of the atoms of each of them and you would be surprised at the number of people in these parts who nearly are half people and half bicycles.”

Le bilan de tout ceci c’est que tous ceux qui passent une grande partie de leur vie à conduire des bicyclettes en acier le long des routes caillouteuses de cette paroisse finissent par mélanger leur personnalité avec celle de leur bicyclette du fait de l’interaction des atomes des uns et des autres et vous seriez étonné du nombre de résidents locaux qui sont pour ainsi dire moitié humain et moitié bicyclette…

The Model Millionaire. A serial. 2)

Here is the second instalment of the Model Millionaire. There will be a third one, which will be posted at the end of April.

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One morning, as he was on his way to Holland Park, where the Mertons lived, he dropped in to see a great friend of his, Alan Trevor. Trevor was a painter. Indeed, few people escape that nowadays. But he was also an artist, and artists are rather rare. Personally he was a strange rough fellow, with a freckled face and a red ragged beard. However, when he took up the brush he was a real master, and his pictures were eagerly sought after.

Un matin, alors qu’il se dirigeait vers Holland Park, où habitaient les Merton, il entra en passant voir un de ses grands amis, Alan Trevor. Trevor était peintre. Sans doute c’est là une chose à laquelle peu de gens échappent, de nos jours. Mais il était également artiste, et les artistes sont assez rares. C’était, de sa personne, un garçon étrange et rude, au visage parsemé de taches de rousseur et portant une barbe rousse en broussaille. Néanmoins, quand il prenait le pinceau en main, c’était un maître authentique, et ses tableaux étaient fort recherchés.

He had been very much attracted by Hughie at first, it must be acknowledged, entirely on account of his personal charm. “The only people a painter should know,” he used to say, “are people who are bête and beautiful, people who are an artistic pleasure to look at and an intellectual repose to talk to. Men who are dandies and women who are darlings rule the world, at least they should do so.” However, after he got to know Hughie better, he liked him quite as much for his bright. buoyant spirits and his generous, reckless nature and had given him the permanent entrée to his studio.

Il s’était senti vivement attiré vers Hughie, d’abord, il faut le reconnaître, en raison de son charme personnel. « Les seules personnes que devrait connaître un peintre, disait-il, ce sont les gens qui sont bêtes et beaux, des gens qui sont un plaisir artistique à contempler et un repos intellectuel quand on leur parle. Les hommes qui sont des dandies et les femmes qui sont des amours mènent le monde, ou du moins ils le devraient. » Néanmoins, après qu’il eut mieux fait connaissance avec Hughie, il l’apprécia tout autant pour sa gaieté et son enjouement que pour sa nature généreuse et hardie, et il lui avait accordé l’entrée permanente de son atelier.

When Hughie came in, he found Trevor putting the finishing touches to a wonderful life-size picture of a beggar-man. The beggar himself was standing on a raised platform in a corner of the studio. He was a wizened old man, with a face like wrinkled parchment, and a most piteous expression. Over his shoulders was flung a coarse brown cloak, all tears and tatters; his thick boots were patched and cobbled, and with one hand he leant on a rough stick, while with the other he held out his battered bat for alms.

En entrant, Hughie trouva Trevor occupé à mettre la dernière main à un merveilleux portrait, grandeur nature, de mendiant. Le mendiant lui-même était debout sur une estrade surélevée, dans un coin de l’atelier. C’était un vieillard ratatiné, avec un visage pareil à un parchemin ridé, et une expression absolument pitoyable. Sur ses épaules était jeté un manteau brun grossier, tout déguenillé et en haillons, ses brodequins épais étaient rapiécés et mal réparés, et d’une main il s’appuyait sur un vulgaire bâton, tandis que de l’autre il tendait son chapeau cabossé pour demander l’aumône.
“What an amazing model!» whispered Hughie, as he shook hands with his friend.
“An amazing model?” shouted Trevor at the top of his voice; “I should think so! Such beggars as he are not to be met with every day. A trouvaille, mon cher; a living Velasquez ! My stars! what an etching Rembrandt would have made of him!”
“Poor old chap!” said Hughie, “how miserable he looks! But I suppose, to you painters, his face is his fortune?”
“Certainly,” replied Trevor, “you don’t want a beggar to look happy, do you?”
“How much does a model get for sitting?” asked Hughie, as he found himself a comfortable seat on a divan. “A shilling an hour.”
“And how much do you get for your picture, Alan?» “Oh, for this I get two thousand !”
“Pounds ?”
“Guineas. Painters, poets, and physicians always get guineas.
“Well, I think the model should have a percentage, cried Hughie, laughing; “they work quite as hard as you do.”

« Quel modèle étonnant ! murmura Hughie en serrant la main de son ami.
Un modèle étonnant ? cria Trevor à pleine voix. Pense donc ! Des mendiants comme lui, on n’en rencontre pas tous les jours. Une trouvaille, non cher ; un Vélasquez vivant ! Tudieu ! Quelle eau-forte Rembrandt en aurait faite.
Pauvre vieux ! dit Hughie ; comme il a l’air misérable ! Mais je suppose que, pour vous autres peintres, son visage constitue sa fortune ?
Certainement, répondit Trevor. Tu ne veux pas qu’un mendiant ait l’air heureux, dis !
Combien touche un modèle pour la pose ? demanda Hughie, cependant qu’il se choisissait une place confortable sur un divan.
Un shilling l’heure.
Et combien touches-tu pour ton tableau, Alan ?
Oh ! pour celui-ci, je recevrai deux mille !
Livres ?
Guinées. Les peintres, les poètes et les médecins reçoivent toujours des guinées.
Eh bien, je trouve que les modèles devraient toucher un pourcentage ! s’écria Hughie en riant ; ils travaillent bien aussi dur que vous autres.

“Nonsense, nonsense! Why, look at the trouble of laying on the paint alone, and standing all day long at one’s easel! It’s al1 very well, Hughie, for you to talk, but I assure you that there are moments when Art almost attains to the dignity of manual labour. But you mustn’t chatter; I’m very busy. Smoke a cigarette, and keep quiet.”
After some time the servant came in, and told Trevor that the frame-maker wanted to speak to him.
“Don’t run away, Hughie,” he said, as he went out, “I will be back in a moment.”

Bêtises, bêtises ! Voyons, songe donc au mal qu’il faut se donner rien que pour appliquer la peinture sur la toile - et puis on reste debout toute la journée devant son chevalet ! C’est bien facile pour toi de parler, Hughie, mais je t’assure qu’il y a des moments où l’art atteint à la dignité d’une besogne manuelle. Mais il ne faut pas jacasser ; j’ai à faire. Fume une cigarette, et tiens-toi tranquille. » Au bout de quelque temps la servante entra, et dit à Trevor que l’encadreur désirait lui parler. « Ne te sauve pas, Hughie, dit-il en sortant, je reviens tout de suite. »

The Model Millionaire. A serial. 1)

The Model Millionaire.

 

irish-w8.JPGUnless one is wealthy there is no use in being a charming fellow. Romance is the privilege of the rich, not the profession of the unemployed. The poor should be practical and prosaic. It is better to have a permanent income than to be fascinating. These are the great truths of modern life which Hughie Erskine never realized. Poor Hughie! Intellectually, we must ‘admit, he was not of much importance. He never said a brilliant or even an ill-natured thing in his life.

À moins d’être riche, il est absolument inutile d’être un garçon charmant. Le romanesque est le privilège des riches, et non la profession des chômeurs. Les pauvres doivent être pratiques et prosaïques. Il vaut mieux avoir un revenu assuré que d’être plein d’attraits. Ce sont là les grandes vérités de la vie moderne, dont Hughie Erskine ne s’était jamais rendu compte. Pauvre Hughie ! Intellectuellement, il nous faut l’avouer, il ne comptait guère.

But then he was wonderfully good-looking, with his crisp brown hair, his clearcut profile, and his grey eyes. He was as popular with men as he was with women, and he had every accomplishment except that of making money.

Mais en revanche il était merveilleusement beau garçon, avec ses cheveux bruns crêpelés, son profil bien dessiné et ses yeux gris. Il était aussi apprécié des hommes que des femmes, et il avait tous les talents, hormis celui de gagner de l’argent.

His father had bequeathed him his cavalry sword and a History of the Peninsular War in fifteen volumes. Hughie hung the first over his looking-glass, put the second on a shelf between Ruff’s Guide and Bailey’s Magazine, and lived on two hundred a year that an old aunt allowed him.

Son père lui avait légué son sabre de cavalerie et une Histoire de la guerre péninsulaire en quinze volumes. Hughie accrocha celui-là au-dessus de son miroir, plaça celle-ci sur un rayon, entre le Guide Ruff et Bailey’s Magazine, et vécut de la pension annuelle de deux cents livres que lui allouait une vieille tante.

He had tried every thing. He had gone on the Stock Exchange for six months; but what was a butterfly to do among bulls and bears ? He had been a tea-merchant for a little longer, but had soon tired of pekoe and souchong. Then he had tried selling dry sherry. That did not answer; the sherry was a little too dry. Ultimately he became nothing, a delightful, ineffectual young man with a perfect profile and no profession.

Il avait boursicoté, l’espace de six mois ; mais que pouvait faire un papillon perdu parmi des requins ? Il avait été marchand de thé en gros pendant un peu plus longtemps, mais s’était vite fatigué du pekoe et du souchong. Puis il avait tâté de la vente du xérès sec. Cela ne marcha pas ; le xérès était un peu trop sec. En fin de compte, il devint un zéro, un jeune homme charmant et inutile, avec un profil parfait et sans profession.

To make matters worse, he was in love. The girl he loved was Laura Merton, the daughter of a retired Colonel who had lost his temper and his digestion in India, and had never found either of them again. Laura adored him, and he was ready to kiss her shoe-strings. They were the handsomest couple in London, and had not a penny-piece between them. The Colonel was very fond of Hughie, but would not hear of any engagement…

Pour compliquer les choses, il était amoureux. La jeune fille qu’il aimait était Laura Merton, la fille d’un colonel en retraite qui avait rapporté des Indes un caractère irascible ainsi qu’une dyspepsie, et ne pouvait se débarrasser de l’un ni de l’autre. Laura l’adorait, et il était tout prêt à baiser les cordons de ses souliers. C’était le plus beau couple de Londres, et ils n’avaient pas, à eux deux, un sou vaillant. Le colonel aimait beaucoup Hughie, mais ne voulait pas entendre parler de fiançailles.

“Corne to me, my boy, when you have got ten thousand pounds of your own, and we will see about it,” he used to say; and Hughie looked very glum in those days, and had to go to Laura for consolation.

« Venez me trouver, mon garçon, quand vous aurez dix mille livres à vous, et nous verrons cela », disait-il ; et Hughie avait l’air bien sombre à cette époque, et était obligé d’aller trouver Laura pour qu’elle le consolât.

Famous Irish writers. 2)

Here is the second mystery Irish writer contained in Jean’s postcard. This writer is to be found in the third row from top, centre.

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Our writer was born in 1854 and died in France in 1900. He is buried in the Père Lachaise cemetery.

Below is another portrait. In fact it is a statue to be found in Merrion Square, Dublin across from our writer’s childhood home.

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If you still haven’t found his name, click on the links to have further information in French or in English.

The quotation on the postcard is taken from a poem called: The ballad of Reading Gaol

“Yet each man kills the thing he loves

By each let this be heard,

Some do it with a bitter look,

Some with a flattering word,

The coward does it with a kiss,

The brave man with a sword ! ”

Pourtant chacun tue ce qu’il aime,
Salut à tout bon entendeur.
Certains le tuent d’un oeil amer,
Certains avec un mot flatteur.
Le lâche se sert d’un baiser,
Et d’une épée l’homme d’honneur.

La Ballade de la Geôle de Reading ( traduction Jean Guiloineau)

Today also we start publishing a short-story called the Model Millionnaire by the same author with a translation into French.

Jean’s postcard.

A few days ago, Jean started a series on Irish writers. The first one was an article about Synge with a quotation from his play: The Playboy of the Western World.

I questioned him about his sources and he told me that it was a postcard he had received from one of her cousin who had spent a holiday in Ireland.

Here is a picture of the postcard.

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This gave me the idea of a game:

Cela m’a donné l’idée d’un jeu:

Look at the picture and find who is who:

Regardez l’image et trouvez qui est qui.

The first one on the top left corner is of course John Milligton Synge.

Le premier en haut à gauche est bien sûr John Milington Synge

Can you find the names of the other writers?

Pouvez-vous trouver le nom des autres écrivains?

Here are the names at random:

Voici les noms au hasard:

Patrick KAVANAGH

Oliver GOLDSMITH

Jonathan SWIFT

William Butler YEATS

George Bernard SHAW

Flann O’BRIEN

Brendan BEHAN

Samuel BECKETT

Oscar WILDE

Sean O’CASEY

James JOYCE

Answers will be posted on 13th March

Réponses le 13 mars.

Le blog de Jean. Famous Irish writers:1.

Jean a décidé de contribuer à faire vivre le blog et m’a adressé en prélude à notre prochaine réunion, une série de citations d’ écrivains irlandais. Voici le premier numéro d’une série de douze avec un lien vers un site qui donne plus de renseignements sur l’écrivain et sa pièce de théâtre:

1. John Millington SYNGE (1871 – 1909)

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“Oh, my grief, I’ve lost him surely.
I’ve lost the only Playboy of the Western World”.
The Playboy of the Western World

“Oh quelle douleur, je l’ai perdu sans doute.

J’ai perdu le seul baladin du monde occidental”.

Pour plus de détails cliquez sur : Le Baladin du monde occidental

Twelfth Night


Epiphany, meaning ‘appearance’ or ‘manifestation’, is a Christian feast intended to celebrate the “shining forth” or revelation of God in human form, to mankind in the person of Jesus. Epiphany is a festival that dates back almost 2000 years, celebrated in every Catholic country and community. With it the Christmas season reaches its peak with a commemoration of the arrival of the three kings with gifts for the newborn baby Jesus. There were Gaspar, Balthazar and Melchior, three continents, three presents: gold, frankincense and myrrh. In many villages, “kings’fires” are still lit as a reminder of the fires that, according to legend, burned that night in Bethlehem to hide the star from King Herod.

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Le mot épiphanie qui veut dire apparition ou manifestation est une fête chrétienne dont le but est de célébrer la glorieuse révélation de Dieu aux hommes sous la forme humaine en la personne de Jésus. L’épiphanie est une fête célébrée depuis presque 2000 ans dans tous les pays ou communautés de religion catholique. Elle marque l’apogée des festivités de Noël par la commémoration de la visite des trois mages apportant des cadeaux à l’enfant Jésus nouveau-né. Les rois mages, Gaspard, Balthazar et Melchior venaient de trois continents et apportaient trois cadeaux: l’or, l’encens et la myrrhe. Dans de nombreux villages, on allume encore les feux des rois en commémoration de ceux, qui selon la légende avaient brûlé cette nuit là à Bethléem afin d’empêcher le Roi Hérode de voir l’étoile.

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A short history of the bean
The bean that is placed in the traditional Epiphany galette, or king’s cake, is a tradition dating back to Roman times. A black or white bean was used for voting in elections, and during the Roman feast of Saturnalia in early January, the king of the festival was also chosen by means of a bean. Though the tradition had religious origins, it has become a family tradition during which everyone gathers together to cut the famous galette. Whoever finds the bean will be crowned king… and will choose his queen. In the old days in England, as well as in Burgundy, a couple was chosen at random by placing both a bean and a pea into the cake.

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Petite histoire de la fève

La fève placée dans la galette traditionnelle de l’épiphanie, encore appelée galette des rois, est une tradition qui remonte aux Romains. A cette époque, on se servait d’un haricot blanc ou noir en guise de bulletin de vote, et pendant les fêtes des Saturnales début janvier, on choisissait aussi le roi de la fête au moyen d’une fève. La tradition, à l’origine religieuse était devenue familiale, prétexte à une réunion au cours de laquelle on coupait la fameuse galette. Quiconque trouvait la fève était couronné roi et choisissait sa reine. Autrefois, en Angleterre, mais aussi en Bourgogne, on formait un couple au hasard en plaçant une fève et un petit-pois dans la galette.

Tradition in England

Epiphany, or “Twelfth Night” as it is traditionally known in England, was marked by celebrations that brought an end to the twelve day Christmas period, and was the last chance for merry-making before returning to work. The Yule log, lit on Christmas day, remained burning until Twelfth Night in order to bring good fortune to the house for the coming year. Its charred remains were kept, both to kindle the next year’s Yule log, as well as to protect the house from fire and lightning. The period leading up to Twelfth Night was celebrated in medieval times as the “festival of fools,” during which a “lord of misrule” presided over mischief and wild antics. Twelfth Night itself was a traditional day for plays or “mummings,” and it is thought that Shakespeare’s play took its name from the fact that it was first performed as part of Twelfth Night celebrations about 1601.

 

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La tradition en Angleterre

L’épiphanie ou “la douxième nuit” (Twelfth Night) comme on l’appelle en Angleterre donnait lieu à des fêtes qui marquaient le terme des douze jours de la période de Noël, et fournissait l’occasion d’ultimes réjouissances avant de reprendre le travail. La buche de Noël qu’on mettait au feu le jour de Noël, continuait de bruler jusqu’à l’épiphanie comme gage de prospérité pour la maisonnée au cours de l’année nouvelle. Les restes calcinés de la buche étaient conservés afin de servir à rallumer la buche de Noël l’année suivante, et protéger la maison de l’incendie et de la foudre.

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Au Moyen age, pendant la période précédant l’épiphanie, on célébrait la fête des Fous, au cours de laquelle un évêque de la déraison régissait bouffonneries et mascarades. Le jour de l’épiphanie proprement dit, était prétexte à représentations théâtrales appelées “momeries”, et on pense que la pièce de Shakespeare, La Nuit des Rois (Twelfth Night) tire son nom du fait qu’elle fut représentée pour la première fois au cours des fêtes de l’épiphanie vers 1601.

Germany - The Butter Laws
In the 17th century, German bakers sent a petition to the pope asking that the ban on the use of butter in Christmas breads and pastries be abolished. In France in 1713 a parliamentary order prohibited the use of eggs, even for glazing bread. And when the Revolution occurred in 1789, the “festival of the kings” fell like a guillotine blade - no more crowns! Instead they drew lots for the bean to choose the “citizen” who would present the galette. But the old customs were too well-loved to die out.

Allemagne, Les lois sur le beurre

Au XVIIe siècle, des boulangers allemands envoyèrent une pétition au pape demandant l’abrogation de l’interdiction d’utiliser du beurre dans les pains et pâtisseries de Noël. En France en 1713, un décret du parlement interdisit l’utilisation d’oeufs, même pour le glaçage du pain. Et quand la révolution de 1789 éclata, la fête des rois fut tranchée comme par un coup de guillotine et il n’y eut plus de couronne. Elle fut remplacée par un tirage au sort qui désignait le citoyen qui devait partager la galette. Cependant les gens aimaient trop les anciennes traditions pour qu’elles disparaissent.

The poor man’s share

The first portion is always the “poor man’s share,” the “share of God and the Virgin,” and was marked out by the youngest child of the family. There were also portions for those who were absent - the son in the army, the relative aboard one of the king’s ships, the fisherman who had been unable to return. The portion was stored in the hutch until they came back, a way of saying “We were thinking about you.” If it kept for a long time without crumbling or moulding, it was seen as a good omen.

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La part du pauvre
La première part est toujours celle du pauvre, la part de Dieu et de la Vierge, et elle était désignée par le Benjamin de la famille. Il y avait aussi la part des absents, du fils mobilisé dans l’armée, du parent qui servait sur l’un des bateaux du roi ou celle du pêcheur qui n’avait pas pu rentrer à temps. Leur part était conservée dans la huche jusqu’à leur retour. C’était une façon de dire que l’on pensait à eux. Si leur part se conservait longtemps s’en s’effriter ou moisir, on considérait que c’était un bon présage.

A very French custom
The three kings’ cake or galette, made from puff pastry in which a bean is hidden, is a staple of classical French cuisine. In Quebec, the custom has been taken up enthusiastically. In Franche-Comté, the children would dress up as the three kings and wear a golden belt over a shirt decorated with stars. They would go from door to door singing and ringing bells to demand their share. Girls of marriageable age never missed saying a prayer in the evening: May I see in my sleeping The man I will marry in my waking. In lower Brittany, a poor man leading a horse decorated with boxwood and laurel would stop at each house to collect the share for the poor. In Franche-Comté they make a “galette de goumeau” (goumeau being a topping of choux pastry enriched with cream), that can weigh up to 150 kg! Made from rich brioche dough, it can be found in every bakery in Besançon as well as in the Doubs region.

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Une tradition bien française.
Le gâteau ou galette des rois en pâte feuilletée dans laquelle une fève est cachée est un classique de la cuisine française traditionnelle. La coutume a été reprise au Québec avec enthousiasme. En Franche-Comté, les enfants se déguisaient en Rois Mages et portaient une ceinture dorée sur une chemise décorée d’étoiles et allaient de porte en porte en chantant et en sonnant des cloches pour demander leur part. Les filles en âge de se marier ne manquaient jamais de dire une prière le soir pour voir dans leur sommeil l’homme qu’elle épouseraient un jour après leur réveil. En Basse Bretagne, un homme pauvre avec un cheval décoré de branches de buis et de laurier s’arrêtait devant chaque maison pour demander la part du pauvre. En Franche Comté, on confectionne une galette de goumeau (garniture de choux à la crème) dont le poids peut atteindre 150 kilos. Faite de riche pâte à brioche, on la trouve dans toutes les boulangeries de Besançon et dans la région du Doubs.

Shakespeare’s Twelfth Night:

The most influential writer in all of English literature, William Shakespeare was born in 1564 to a -successful middle-class glove-maker in Stratford-upon-Avon, England. Shakespeare attended grammar school, but his formal education proceeded no further. In 1582 he married an older woman, Anne Hathaway, and had three children with her. Around 1590 he left his family behind and travelled to London to work as an actor and playwright. Public and critical acclaim quickly followed, and Shakespeare eventually became the most popular playwright in England and part-owner of the Globe Theater. His career bridged the reigns of Elizabeth I (ruled 1558–1603) and James I (ruled 1603–1625), and he was a favorite of both monarchs. Indeed, James granted his company the greatest possible compliment by bestowing upon its members the title of King’s Men. Wealthy and renowned, Shakespeare retired to Stratford and died in 1616 at age fifty-two. At the time of his death, literary luminaries such as Ben Jonson hailed his works as timeless.

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L’écrivain le plus important de la littérature anglaise, William Shakespeare est né en 1564. Son père était un bourgeois prospère, gantier de son état à Stratford sur Avon. Shakespeare fréquenta une école secondaire mais ses études s’arrêtèrent là. En 1582, il épousa Anne Hathaway, qui était plus âgée que lui et dont il eut trois enfants. Vers 1590, il laissa sa famille pour aller travailler à Londres comme acteur et auteur dramatique. Il connut rapidement le succès auprès du public et des critiques, et devint bientôt l’auteur dramatique le plus populaire d’Angleterre, co-propriétaire du théâtre du Globe. Sa carrière couvrit le règne d’Elizabeth I (1558-1603) et celui de Jacques I (1603-1625), dont il fut les favoris. Jacques I accorda d’ailleurs à son théâtre l’éloge le plus exceptionnel en lui accordant le titre de Compagnie Royale. Shakespeare se retira à Stratford riche et célèbre et mourut en 1616 à l’âge de 52 ans. A sa mort, des célébrités littéraires, parmi lesquelles Ben Jonson, qualifièrent son oeuvre d’immortelle.
Shakespeare’s works were collected and printed in various editions in the century following his death, and by the early eighteenth century his reputation as the greatest poet ever to write in English was well established. The unprecedented admiration garnered by his works led to a fierce curiosity about Shakespeare’s life, but the dearth of biographical information has left many details of Shakespeare’s personal history shrouded in mystery. Some people have concluded from this fact and from Shakespeare’s modest education that Shakespeare’s plays were actually written by someone else—Francis Bacon and the Earl of Oxford are the two most popular candidates—but the support for this claim is overwhelmingly circumstantial, and the theory is not taken seriously by many scholars.

Les écrits de Shakespeare furent rassemblés et publiés dans diverses éditions au cours du siècle qui suivit sa mort. A l’aube du XVIIIe siècle sa réputation de plus grand poète de langue anglaise était déjà bien établie. L’admiration exceptionnelle pour son oeuvre suscita une forte curiosité pour sa vie, mais la rareté des informations biographiques disponibles n’a pas pu dissiper le mystère qui recouvre un grand nombre d’évènements de sa vie personnelle. De ce fait et du fait de la modestie de son éducation, certains ont cru pouvoir affirmer que les pièces de Shakespeare avaient été en fait écrites par quelqu’un d’autre. On a surtout parlé de Francis Bacon ou du Comte d’Oxford, mais les éléments soutenant ces thèses sont très peu substantielles et un grands nombre de spécialistes rejettent cette théorie.

In the absence of credible evidence to the contrary, Shakespeare must be viewed as the author of the thirty-seven plays and 154 sonnets that bear his name. The legacy of this body of work is immense. A number of Shakespeare’s plays seem to have transcended even the category of brilliance, becoming so influential as to affect profoundly the course of Western literature and culture ever after.

En l’absence de preuves crédibles du contraire, il faut donc considérer Shakespeare comme l’auteur de 37 pièces et de 154 sonnets portant sa signature. L’héritage de cette oeuvre est immense. Un certain nombre de pièces semblent même avoir transcendé la notion de brillance et acquis une influence telle qu’elles ont bouleversé pour toujours le cours de toute la littérature et la culture occidentale.

Shakespeare wrote Twelfth Night near the middle of his career, probably in the year 1601. Most critics consider it one of his greatest comedies, along with plays such as As You Like It, Much Ado About Nothing, and A Midsummer Night’s Dream. Twelfth Night is about illusion, deception, disguises, madness, and the extraordinary things that love will cause us to do—and to see.

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Shakespeare écrivit la Nuit des Rois au milieu de sa carrière, probablement en 1601. La plupart des critiques la considèrent comme l’une de ses plus grandes comédies comparable à Comme il vous plaira, Beaucoup de bruit pour rien ou Le songe d’une nuit d’été. La Nuit des Rois a pour thème l’illusion, la tromperie le déguisement et la folie ainsi que toutes les folies que l’amour peut nous faire faire ou nous faire voir.
Twelfth Night is the only one of Shakespeare’s plays to have an alternative title: the play is actually called Twelfth Night, or What You Will. Critics are divided over what the two titles mean, but “Twelfth Night” is usually considered to be a reference to Epiphany, or the twelfth night of the Christmas celebration (January 6). In Shakespeare’s day, this holiday was celebrated as a festival in which everything was turned upside down—much like the upside-down, chaotic world of Illyria in the play.

La Nuit des Rois est la seule pièce de Shakespeare qui possède un sous-titre. La pièce se nomme en fait La Nuit des Rois ou Ce que vous voulez. Les critiques ne s’accordent pas sur la signification de ces deux titres, mais on considère habituellement que la pièce se réfère à l’épiphanie, le 6 janvier, la douzième nuit suivant la fête de Noël . A l’époque de Shakespeare on célébrait l’évènement par une fête où tout était inversé, à l’instar du monde chaotique et sens dessus dessous d’Illyrie dans la pièce.

Twelfth Night is one of Shakespeare’s so-called transvestite comedies, a category that also includes As You Like It and The Merchant of Venice. These plays feature female protagonists who, for one reason or another, have to disguise themselves as young men. It is important to remember that in Shakespeare’s day, all of the parts were played by men, so Viola would actually have been a male pretending to be a female pretending to be a male. Contemporary critics have found a great deal of interest in the homoerotic implications of these plays.

La Nuit des Rois est l’une des comédies de Shakespeare dites de travestissement, catégorie qui comporte Comme il vous Plaira et Le Marchand de Venise. Ces pièces présentent des personnages féminins, qui pour une raison ou une autre doivent se déguiser en hommes jeunes. Il est important de se souvenir, qu’à l’époque de Shakespeare, tous les rôles étaient tenus par des hommes. C’est ainsi que Viola était interprétée par un homme qui jouait le rôle d’une femme qui se déguisait en homme. Les critiques contemporains prenaient beaucoup d’intérêt à souligner l’homoérotisme implicite des situations de la pièce.
Plot Overview
In the kingdom of Illyria, a nobleman named Orsino lies around listening to music, pining away for the love of Lady Olivia.

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He cannot have her because she is in mourning for her dead brother and refuses to entertain any proposals of marriage. Meanwhile, off the coast, a storm has caused a terrible shipwreck. A young, aristocratic-born woman named Viola is swept onto the Illyrian shore. Finding herself alone in a strange land, she assumes that her twin brother, Sebastian, has been drowned in the wreck, and tries to figure out what sort of work she can do. A friendly sea captain tells her about Orsino’s courtship of Olivia, and Viola says that she wishes she could go to work in Olivia’s home. But since Lady Olivia refuses to talk with any strangers, Viola decides that she cannot look for work with her. Instead, she decides to disguise herself as a man, taking on the name of Cesario, and goes to work in the household of Duke Orsino.

Résumé de l’intrigue

Au royaume d’Illyrie, un noble appelé Orsino ne se lève plus et écoute de la musique, éperdu d’amour pour Lady Olivia. Il ne peut avoir ses faveurs car elle pleure la mort de son frère et refuse de considérer toute proposition de mariage. Entretemps, une tempête terrible cause un naufrage près des côtes. Une jeune femme de noble naissance appelée Viola est jetée à la côte. Seule sur une terre inconnue, elle se figure que son frère jumeau Sébastien s’est noyé au cours du naufrage et essaie de considérer le genre de travail qu’elle peut faire. Un capitaine de navire amical lui parle de la cour que fait Orsino à Olivia, et Viola manifeste le souhait de travailler pour elle. Mais au lieu de cela, elle se déguise en homme, prend le nom de Césario et s’en va chercher du travail chez le Duc Orsino.
Viola (disguised as Cesario)

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quickly becomes a favorite of Orsino, who makes Cesario his page. Viola finds herself falling in love with Orsino—a difficult love to pursue, as Orsino believes her to be a man. But when Orsino sends Cesario to deliver Orsino’s love messages to the disdainful Olivia, Olivia herself falls for the beautiful young Cesario, believing her to be a man. The love triangle is complete: Viola loves Orsino, Orsino loves Olivia, and Olivia loves Cesario—and everyone is miserable.


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Viola, qui se fait passer pour Césario, gagne rapidement les faveurs d’Orsino, et devient son page. Elle tombe amoureuse de son patron, mais son amour ne peut se révéler car Orsino pense qu’elle est un homme. Quand il l’envoie porter ses messages d’amour à la fière Olivia, cette dernière à son tour tombe amoureuse du jeune et beau Césario. Tout le monde est bien malheureux.

Meanwhile, we meet the other members of Olivia’s household: her rowdy drunkard of an uncle, Sir Toby; his foolish friend, Sir Andrew Aguecheek, who is trying in his hopeless way to court Olivia; Olivia’s witty and pretty waiting-gentlewoman, Maria; Feste, the clever clown of the house; and Malvolio, the dour, prudish steward of Olivia’s household. When Sir Toby and the others take offense at Malvolio’s constant efforts to spoil their fun, Maria engineers a practical joke to make Malvolio think that Olivia is in love with him. She forges a letter, supposedly from Olivia, addressed to her beloved (whose name is signified by the letters M.O.A.I.), telling him that if he wants to earn her favor, he should dress in yellow stockings and crossed garters, act haughtily, smile constantly, and refuse to explain himself to anyone. Malvolio finds the letter, assumes that it is addressed to him, and, filled with dreams of marrying Olivia and becoming noble himself, happily follows its commands. He behaves so strangely that Olivia comes to think that he is mad.

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Entretemps, nous faisons la connaissance des autres membres de la maison d’Olivia, Toby, son oncle ivrogne bruyant, flanqué de son ami, Sir Andrew Aguecheek, un imbécile qui courtise vainement Olivia; Maria, la jolie et spirituelle dame de compagnie d’Olivia, Feste, bouffon plein d’intelligence et Malvolio, régisseur sévère et pudibond. Sir Toby et les autres sont excédés par les efforts constants de Malvolio pour leur gâcher tous leurs plaisirs et Maria décide de lui jouer un mauvais tour en lui faisant croire qu’Olivia est amoureuse de lui. Elle contrefait l’écriture d’Olivia et rédige une lettre dans laquelle elle s’adresse à son bien aimé ( désigné par les lettres M.O.A.I) en lui demandant, s’il veut obtenir ses faveurs, de porter des bas jaunes et des jarretières croisées, d’affecter une mise hautaine, de sourire constamment et d’éviter de dire les raisons de son comportement à quiconque. Malvolio trouve la lettre, imagine qu’elle lui est destinée, et le coeur plein d’espoir d’épouser Olivia et d’être à son tour ennobli, il en suit les directives. Son attitude est si bizarre qu’Olivia croit qu’il est devenu fou.


Meanwhile, Sebastian, who is still alive after all but believes his sister Viola to be dead, arrives in Illyria along with his friend and protector, Antonio. Antonio has cared for Sebastian since the shipwreck and is passionately (and perhaps sexually) attached to the young man—so much so that he follows him to Orsino’s domain, in spite of the fact that he and Orsino are old enemies.

Pendant ce temps, Sébastien qui a survécu au naufrage mais qui croit que sa soeur Viola est morte, arrive en Illyrie accompagné de son ami et protecteur, Antonio. Antonio a veillé sur Sébastien après le naufrage et a pour le jeune homme une affection passionnée peut-être même de nature sexuelle, à tel point qu’il va jusqu’à le suivre dans la demeure d’Orsino alors même que ce dernier est son vieil ennemi.

Sir Andrew, observing Olivia’s attraction to Cesario (still Viola in disguise), challenges Cesario to a duel. Sir Toby, who sees the prospective duel as entertaining fun, eggs Sir Andrew on. However, when Sebastian—who looks just like the disguised Viola—appears on the scene, Sir Andrew and Sir Toby end up coming to blows with Sebastian, thinking that he is Cesario. Olivia enters amid the confusion. Encountering Sebastian and thinking that he is Cesario, she asks him to marry her. He is baffled, since he has never seen her before. He sees, however, that she is wealthy and beautiful, and he is therefore more than willing to go along with her. Meanwhile, Antonio has been arrested by Orsino’s officers and now begs Cesario for help, mistaking him for Sebastian. Viola denies knowing Antonio, and Antonio is dragged off, crying out that Sebastian has betrayed him. Suddenly, Viola has newfound hope that her brother may be alive.

Sir Andrew qui a constaté qu’Olivia était attirée par Césario provoque ce dernier en duel. Sir Toby qui pense que le duel sera fort amusant excite encore plus Sir Andrew . Mais quand Sébastien qui ressemble trait pour trait à Viola déguisée, arrive sur la scène, Andrew et Toby en viennent aux mains avec lui en le prenant pour Césario. Olivia arrive au beau milieu de la mêlée. Elle se retrouve devant Sébastien qu’elle prend pour Césario et le demande en mariage. Ce dernier est très étonné car c’est la première fois qu’il la voit, mais comme elle est riche et belle, il est plus que disposé à la suivre. Entretemps, Antonio est arrêté par la garde d’Orsino et implore l’aide de Césario qu’il prend pour Sébastien. Viola nie connaitre Antonio et ce dernier est emmené, accusant Sébastien de l’avoir trahi. Viola a soudain retrouvé l’espoir que son frère est vivant.
Malvolio’s supposed madness has allowed the gleeful Maria, Toby, and the rest to lock Malvolio into a small, dark room for his treatment, and they torment him at will. Feste dresses up as “Sir Topas,” a priest, and pretends to examine Malvolio, declaring him definitely insane in spite of his protests. However, Sir Toby begins to think better of the joke, and they allow Malvolio to send a letter to Olivia, in which he asks to be released.

En prétextant qu’il est fou, Maria, Toby et les autres joyeux compères enferment Malvolio pour le soigner dans une petite pièce obscure où ils peuvent le tourmenter à leur guise. Feste prend les habits et l’identité de Sir Topas, un prêtre, et entreprend d’examiner Malvolio qu’il déclare totalement dément malgré ses protestations. Sir Toby cependant, revient à de meilleurs sentiments et permet à Malvolio d’envoyer une lettre à Olivia, pour demander sa libération.

Eventually, Viola (still disguised as Cesario) and Orsino make their way to Olivia’s house, where Olivia welcomes Cesario as her new husband, thinking him to be Sebastian, whom she has just married. Orsino is furious, but then Sebastian himself appears on the scene, and all is revealed. The siblings are joyfully reunited, and Orsino realizes that he loves Viola, now that he knows she is a woman, and asks her to marry him. We discover that Sir Toby and Maria have also been married privately. Finally, someone remembers Malvolio and lets him out of the dark room. The trick is revealed in full, and the embittered Malvolio storms off, leaving the happy couples to their celebration.

A la fin, Viola, toujours déguisée en Césario se rend avec Orsino à la maison d’Olivia, et là, Olivia accueille Césario comme son nouvel époux qu’elle prend pour Sébastien avec lequel elle vient de se marier. Orsino est furieux, mais Sébastien fait alors irruption et les révélations se succèdent. Les deux jumeaux sont tout à la joie de se revoir. Orsino s’aperçoit qu’il aime Viola en découvrant qu’elle est une femme et la demande en mariage. On découvre que Sir Toby et Maria se sont aussi mariés en secret. Finalement quelqu’un se souvient de Malvolio et va le délivrer dans sa pièce noire. La farce est expliquée et Malvolio tout à son amertume quitte la scène en colère laissant les jeunes couples continuer la fête.